26 juillet 2010
Assen doit son existence à un couvent de religieuses fondé au 13e siècle. On peut voir sur la place centrale ou Brink la chapelle, ancien hôtel de ville. C’est aujourd’hui une ville moderne et spacieuse, à proximité d’un bois agréable, l’Asserbos, au Sud, et d’une région riche en monuments mégalithiques. Jusqu’en 1602, les membres des États, ou assemblée provinciale, de Drenthe, se réunissaient en plein air, à la mode germanique, au Balloërkuil (à Rolde, ci-dessous), où ils rendaient la justice. Sa position centrale fit choisir Assen comme capitale de la Drenthe en 1807, sous le règne de Louis Bonaparte.
Au Sud de la ville, un circuit de vitesse pour motos (Tourist Trophy Circuit ou T. T. C.) voit se disputer le Grand Prix de Hollande (dernier sam. de juin). La Drenthe. – Cette province fut longtemps déshéritée. Les glaciers Scandinaves qui se sont attardés dans le Nord des Pays-Bas y ont laissé un sol sablonneux peu fertile. Il est couvert par endroits d’une végétation de landes (bruyères, ajoncs, genêts), parsemée de quelques bosquets de chênes ou de pins. Dans les zones plus humides, la tourbe s’est emparée des surfaces abandonnées par les glaciers. La Drenthe était la plus grande région productrice de tourbe, qui fut longtemps utilisée comme combustible. Son exploitation a laissé des traces sur le terrain, qui reste quadrillé d’une multitude de canaux creusés pour les besoins du transport de la tourbe. De nos jours, un défrichement poussé et l’utilisation des engrais ont modifié la situation. Les landes à moutons se sont raréfiées pour laisser place à des pâturages ou à des plantations de conifères. Les tourbières, mises en valeur, à l’aide d’engrais, de sable et de la couche supérieure de tourbe composent une terre arable de qualité (pommes de terre, céréales, cultures maraîchères), où sont venus s’installer des colons.
Les fermes de Drenthe, très pittoresques avec leur toit de chaume enveloppant appartiennent pour la plupart, au type des fermes-halles. Bien des villages conservent leur disposition d’origine saxonne : au centre se trouve le Brink, grande place plantée d’arbres où s’élève souvent l’église.
L’ancienne Maison provinciale (1885) abrite ce musée régional. Il possède (au 1e’ étage) une section archéologique particulièrement intéressante. Elle présente une excellente documentation sur les temps préhistoriques : géologie, peuplement, allées couvertes ou «hunebedden» et réunit un grand nombre de découvertes effectuées dans la province, tant dans les « hunebedden », les tumulus ou les champs d’urnes funéraires que dans les tourbières propices à la conservation des objets.
Outre les outils, instruments, poteries, on peut voir les pièces les plus variées : embarcation de 6300 avant Jésus-Christ (découverte à Pesse, 23 km au Sud d’Assen), momies des 3e-5e s., bijoux celtiques et mérovingiens, monnaies romaines et mérovingiennes.
Au rez-de-chaussée, fonts baptismaux romans, estampes, argenterie régionale, faïence dont le décor a trait à la maison d’Orange, art néerlandais vers 1900. Appartenant au même musée, lOntvangershuis, ancienne demeure du collecteur général d’impôts, a été transformée en musée d’arts décoratifs. On y traverse des pièces raffinées, ornées d’un beau mobilier des 17e et 18° s., ainsi qu’une cuisine régionale dont on remarque les lits clos.
Derrière le jardin de l’Ontvangershuis se dresse la charmante statuette du jeune Bartje, héros fameux du romancier régional Anne de Vries (1904-1964). Elle a été sculptée par Suze Berkhout (original dans l’hôtel de ville).