18 octobre 2010
Bâti en briques roses dans l’attirante vallée d’Eisa, le bourg de Certaldo a vu vieillir et mourir (1375) l’ami de Pétrarque, le conteur incomparable que fut Giovanni Boccaccio, né à Paris, en 1313, des amours du marchand Boccaccio de Chellino de Certaldo avec une Française de haute condition.
Adolescent, à la cour de Naples, Boccace tombe épris, dans une église, d’une jeune personne, fille naturelle du bon roi Robert d’Anjou. C’est la blonde Maria d’Aquino qu’il célébrera sous le nom charmant de Fiammetta (petite flamme). Boccace, bien que tendre au fond, se moque de tout, de tous et représente le bourgeois italien du 4e s., amoureux du plaisir et des lettres. A la fois gracieux et cynique, et devenu chanoine, Boccace compose à Florence, dans un style cadencé et limpide, son chef-d’œuvre, le Decameron, (« Dix Jours ») : dix jeunes gens et dix jeunes filles y évoquent avec une verve parfois satirique le charme des paysages et de la vie cultivée sous la Renaissance. Plusieurs de ces contes seront repris et corsés par La Fontaine.
Dans la ville haute, ceinte de remparts, la maison-musée de Boccace, presque entièrement détruite pendant la guerre, a été reconstruite. Plus haut se trouve l’église St-Jacques (San Jacopo), du 13e s., où fut enterré le conteur : une dalle, posée en 1954, indique l’endroit où il fut enseveli ; le cénotaphe, contre le mur à droite, a été élevé à sa mémoire en 1503.
Proche, le palais Pretorio a une façade dont la ornée d’armoiries est composé de matériaux de construction peu commun a cette époque: terre cuite et marbre, une petite cour à arcades et des escaliers à l’italienne. A l’intérieur, fresques de Pier Francesco Fiorentino (15e s.). Du haut de la tour, on découvre une belle vue sur la ville et vallée de l’Eisa.