1 août 2010
Au contact de trois pays, Maastricht (nommé jadis en français Maëstricht) commande la « botte » du Limbourg néerlandais dont elle est la capitale. Située sur la rive gauche de la Meuse, elle est séparée de la Belgique par le canal Albert.
Elle se distingue du reste du pays par ses maisons en pierre, de type mosan, ses environs vallonnés, son caractère « méridional ». C’est une ville très animée, aux nombreuses rues piétonnes. Maastricht doit son origine à un pont fortifié construit par les Romains sur la grande voie de Bavay à Cologne, d’où son nom qui signifie passage de la Meuse (Mosae Trajectum). Saint Servais la trouvant plus sûre que Tongres (Belgique) y transféra en 382 se évêché. En 722, saint Hubert implanta celui-ci à Liège.
La ville appartint ensuite aux rois francs. En 1204, elle passa sous la tutelle du duc oe Brabant qui, en 1283, partagea son pouvoir avec le prince-évêque de Liège. Elle reçut ses premières murailles en 1229. Les sièges de Maastricht. — En 1579, Maastricht s’étant ralliée au soulèvement, et Espagnols, conduits par le duc de Parme, assiégèrent la ville, s’en emparèrent par surprise, la saccagèrent et ne laissèrent en vie que 400 personnes. Les Provinces-Unies annexèrent la ville en 1632. En 1673 parurent devant Maastricht 40 000 Français commandés par Louis XIV. le siège fut terrible, la défense hollandaise farouche. Mais Vauban qui dirigeait les opérations donna la victoire aux Français qui laissèrent 8 000 hommes sur le champ de bata -et parmi eux, d’Artagnan, officier des mousquetaires.
Les Français prirent une nouvelle fois Maastricht en 1748, grâce à une feinte hac e du maréchal de Saxe. Au cours de ce siège fut prononcé le célèbre « Impossible n’est pas français » par le comte d’Anterroches qui s’était déjà distingué à Fontenoy en invitai les Anglais à tirer les premiers.
Prise par Kléber en 1794, Maastricht fut annexée à la France, de même que Breda e-devint le chef-lieu du département de la Meuse-Inférieure. En 1814, la ville fit partie du royaume des Pays-Bas. En 1830, la garnison résista avec acharnement aux Belges, ce qui lui valut de rester aux Pays-Bas, mais elle ne leur fut définitivement attribuée qu’à la signature du traité de Londres, en 1839. Les fortifications furent démolies en partie en 1867.
Durant l’occupation, Maastricht fut le centre des communications allemandes à l’Oues*-Une des premières villes libérées, en septembre 1944, elle ne subit de dommages c-e dans ses ponts. Maastricht aujourd’hui, c’est un important centre industriel spécialisé dans la ce-e-mique, la papeterie, et dans la création de matériaux de contruction tel que le ciment.
Le carnaval attire chaque année des foules nombreuses venues assister à ces débordements de gaîté populaire. Nuit et jour, facéties et jeux burlesques se succède »
C’est la plus importante place de la ville, vaste esplanade entourée se cafés et de restaurants et dominée par deux églises, St-Gervais et Notre-Dame. On y voit au Sud la façade gothique du Gouvernement espagnol (AY A) où Guillaume le Taciturne fut déclaré hors-la-loi par Philippe II d’Espagne. De cette place partent de nombreuses rues piétonnes commerçantes.
Église St-Servais: Cet imposant monument, un des plus anciens des Pays-Bas, bien que très rema- -été commencé vers l’an 1000, à l’emplacement d’un sanctuaire du 6B s. Il possédait a o~ trois nefs, un transept et un chevet plat.
Au 12e s., il fut agrandi, d’une part, du chœur actuel, flanqué de deux tours carrees et d’une abside, d’autre part, d’un avant-corps monumental situé à l’Ouest. Ce dernier es caractéristique du style roman mosan (p. 241 dont il fut l’un des premiers exemp es. Surmonté de deux tours et d’un clocher central reconstruit par P. J. H. Cuypers en 18S€ (et en partie incendié en 1955), il est décoré de bandes lombardes entre lesque es s’inscrivent des arcs géminés. Son carillon est excellent
Au 13e s. fut érigé le beau portail Sud ou Portail royal* peint de couleurs ‘. .es aujourd’hui et dont le tympan illustre la vie de la Vierge.
Le 1 5e s. vit apparaître les chapelles latérales et le portail Nord. Celui-ci donne Ski un cloître construit aussi au 15e siècle. L’ensemble subit une profonde restauration à la fin du 19e s. Intérieur. — Pénétrer par le portail Nord du cloître et suivre la galerie sur laquelle s’o-.~f le trésor.
Au portail d’entrée de l’église, on remarque une statue de saint Pierre, du ‘ 5 L’intérieur souffre de la polychromie néo-gothique apportée au 19e s. Derrière la statue moderne de Charlemagne, jadis vénéré dans cette église zz-~^ sa canonisation en 1165, on peut voir les restes d’un autel en pierre du 12e s.